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dimanche 7 mars 2010

Le bobotie du Cap



Le bobotie est une oeuvre complète, ce n'est pas simplement un plat, mais une successions de plats, de techniques de cuisson et de métissages. Le Bobotie est un incontournable des tables de Cape Town. Son origine est à rechercher au sein de la communauté malaise, des anciens esclaves néerlandais d'Indonésie déportés au Cap au XVIIe siècle et qui ont été installés sur les hauteurs de la villes - Bo' Kaap - et qu'une fois affranchis par les Anglais, même l'
Aparhteid n'a pu déloger. Les Malais s'estiment même être les vrais "natifs" de la ville. Une fois les Néerlandais chassés, ils constituaient en effet la plus ancienne communauté de la ville. Cependant, le bobotie est plus qu'un simple plat malais. La recette originale - qui bien entendu n'existe pas - a su évoluer en assimilant de nombreux condiments chers à la - pardon pour le mot - "gastronomie" anglo-saxonne à l'exemple de la sauce Worcester ou du Ketchup. Jugez par vous-même:

Pour 6 personnes:

- 2 belles noisettes de beurre
- 4 oignons
- 2 c. à s. de gingenbre
- 2 c. à s. de cassonade- 3 c. à s. de curry (je conseille assez fort)
- 1 pincée de pistils de safran (d'Iran)
- 100 à 150g de raisin secs (noir ou blanc)
- 6 c. à s. de chutney de mangue
- 2 c. à s. de Vinaigre
- 2 c. à s. de sauce Worcester
- 2 c. à s. de Ketchup
- 1 kg d'agneau émincé (ou de boeuf haché)
- 2 tranches de pain de mie émiettées
- 3 oeufs
- 40 cl. de lait- quelques feuilles de laurier


Tout d'abord, presque rien. Dans une très grande poêle, faites fondre le beurre à feu doux, et jetez y les oignons émincés jusqu'à ce qu'ils blanchissent, puis ajoutez la cassonade pour faire caraméliser... toujours à feu doux... Une belle couleur brune apparaît. Versez ensemble les épices: gingembre, curry et safran et laisser finir la cuisson des oignons. J'aurais très envie de vous inviter ensuite à déglacer avec un bon verre de petit blanc sec du Cap, mais sachez que la communauté malaise est musulmane! Retirez ensuite du feu.

Il est temps de faire entrer les cuivres: raisins secs, vinaigre, sauce Worcester et ketchup. Mélangez-les à l'appareil et remettez sur le feu, s'il le faut avec une petite goûte d'eau pour la mélodie. L'agneau attend. C'est à son tour de se faire entendre. Saupoudrez ensuite l'appareil avec la mie de pain. Mélangez régulièrement et laissez cuir 20 minutes.

Versez ensuite l'appareil obtenu dans un grand plat, tassez un peu et faites couler par dessus les trois oeufs battus et mélangés au lait. Disposez les feuilles de laurier et enfournez dans un four préchauffé à 150°. Laissez le tout au four 45 minutes et si le dessus commence à brûler, protégez-le par une simple feuille d'aluminium.

Le bobotie peut être servi avec quelques patates douces (et je sens que ma prochaine recette sera un parmentier de bobotie), mais je trouve le tout un peu trop sucré. Un simple basmati fera parfaitement l'affaire. Le tout, ne saurait souffrir autre chose qu'un chardonnay de Stellenbosch (ou ce petit vin blanc Sud af' appelé simplement "Table Mountain" que Nicolas vend en ce moment et qui est une vraie surprise pour son prix)!

samedi 17 octobre 2009

Poivrons farcis à la persane et curry d'agneau au Chianti

Cette recette est un work in progress... jusque 5 minutes avant de la servir, je ne savais pas encore comment j'allais la terminer. Quoiqu'il en soit, il faut remercier Laura de s'être prêtée au jeu en jouant les cobayes, et d'avoir validée sa publication sur ce blog. Un petit cas de conscience se pose alors... Peut-on faire une recette de quelque chose à moitié improvisé et dont tout l'intérêt est peut être dans l'improvisation...? Peut importe.
L'idée de me mettre au poivrons farcis traînait déjà depuis un petit moment, encore fallait-il trouver une farce digne de ce nom. Le riz étant presque incontournable en la matière, je me suis souvenu d'un petit riz cuisiné à l'orange que j'ai dégusté dans une restaurant perse - et non iranien s'il vous plait! - de la rue de la Reynie. L'agneau s'est ensuite imposé simplement - quelle originalité... - et pour le chianti... je me souviens d'une bouteille qui était très bien passée lors d'un curry... A priori, tout était fait pour coller.


Pour 2 personnes:

- 2 poivrons vert ou rouge
- 300g de gigot d'agneau
- 2 cuillères à café de curry de Madras
- 3 cuillères à soupe d'huile d'olive
- 1 verre de Chianti

et pour le riz à l'orange:

- 1 verre de riz basmati
- le zeste d'une demi-orange
- une dizaine de grain d'un raisin très sucré (chasselas par exemple)
- quelques pignons de pain
- les grains de deux belles grappes de groseilles
- 1 pincée de safran.

Dans un premier temps, préparez une marinade.
Découpez la tranche de gigot en morceaux et dans un bol, mélangez les avec l'huile d'olive et le curry. Disposez ensuite le gigot dans sa marinade au moins 3 heures.

Ensuite, le riz.
Dans une grande casserole verser deux doses d'eau pour une dose de riz. Salez et ajoutez le zeste d'orange, les grains de raisin, les pignons, les groseilles et le safran... Laissez doucement cuire jusqu'à absorption. S'il faut, rajoutez de l'eau pour finir le riz.

Le temps que le riz cuise, coupez le haut des poivrons et conservez-les. Une fois que le riz est cuit farcissez-les avec et repositionnez le haut des poivrons. Disposez les poivrons dans un plat et enfournez les pour 50 minutes à 200° (laissez une feuille de papier d'aluminium dessus pendant les 35 premières minutes).

Sortez la marinade et versez les morceaux de gigot dans un poêle bien chaude, et laissez cuire 3 à 4 minutes de chaque côté. Déglacez ensuite avec le Chianti, laissez réduire et ajoutez une belle noisette de beurre pour finir la préparation.

Disposez et servez... avec le reste de la bouteille de Chianti, ça va de soi...